L’Édito de Vincent Dumestre

Vincent Dumestre©Jean-Baptiste Millot
©Jean-Baptiste Millot

Lorsqu’en 2002 mon prédécesseur, Didier Perret, m’a invité à jouer dans le Haut-Jura pour la première fois, j’ai découvert bien plus qu’un festival. Car ce qui nous réunit, et plus encore cette année, ce n’est pas seulement la venue dans notre région des plus grands musiciens et la promesse des plus belles œuvres ; c’est aussi la beauté de lieux inoubliables et la richesse d’un territoire unique, dont la magie s’invite à chaque concert. La réussite d’un moment festivalier est avant tout le résultat de cette rencontre idéale : à travers un artiste et un public, une œuvre et son écrin – un lieu.

Voilà pourquoi, en me voyant confier la direction de cette formidable aventure, j’ai souhaité proposer une nouvelle formule, qui, tout en poursuivant une tradition de plus de trente ans, exalte la vitalité de notre rendez-vous estival, à travers une programmation audacieuse : au delà de la réunion d’œuvres et d’artistes, j’ai imaginé trois week-ends thématiques, pour une immersion complète et jouissive dans des univers foisonnants.

Du 9 au 11 juin, honneur aux Pastiches. Pastiches à l’italienne, comme les extraordinaires Vêpres de Monteverdi, où l’émotion sacrée adopte le langage de l’opéra, où la compagnie La Tempête réinvente une spatialisation pensée pour Saint-Marc de Venise. Pastiches burlesques, avec La Mécanique de la Générale où le baroque rendra hommage à Buster Keaton dans une soirée qui se terminera avec les décapants Goguettes en trio, pastiches modernes et satiriques de la chanson d’aujourd’hui. Pastiches savants enfin, en l’église de Clairvaux, avec la sublime réécriture par Bach du Stabat Mater de Pergolèse.

Du 16 au 18 juin, la millénaire Abbaye de Baume-les-Messieurs sera le théâtre d’une résidence d’artistes, aux sons de L’Exotisme à la Cour : de la Turquie de Lully aux Indes de Rameau, des chemins intimes de la viole de gambe aux voyages spectaculaires de l’opéra, nous vous transporterons de continent en continent, jusqu’au Japon que nous montrera la chorégraphe Kaori Ito dans ses improvisations chorégraphiques.

Enfin, du 23 au 25 juin, c’est In Vino Veritas que nous célébrerons l’harmonie. Ivresse de la virtuosité, avec les concertos de Vivaldi que dévale le violoniste Evgeni Sviridov, ivresse de la danse avec les tarentelles de Pino de Vittorio, ivresse mystique chez Les Chanteurs d’Oiseaux et dans les airs spirituels de Boccherini. Mais pendant ces trois semaines de festival, les sons ne seront pas seuls à réjouir nos sens. Grâce aux dégustations proposées en fin de festival, c’est la grandeur de nos cépages que nous chanterons, tandis que la cathédrale Saint-Pierre sera magnifiée par une mise en espace et que le paysage jurassien servira de décor à la danse. Pour les curieux, deux conférences présenteront Monteverdi – qui fête ses 450 ans – et les tropismes exotiques du Grand Siècle aux Lumières. En vous laissant découvrir le programme détaillé dans les pages qui suivent, nous nous réjouissons à l’idée de vous retrouver pour cette édition charnière du Festival, entre ses splendides souvenirs et son radieux avenir !

Vincent Dumestre, directeur artistique

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